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5 questions sur l’entrepreneuriat

Pour l'année 2017, vous avez comme résolution de finalement vous partir en affaires?


Halte là! Lisez la rubrique "5 questions" de Patrice Chessé, entrepreneur passionné, pour en apprendre plus sur l'entrepreneuriat.
Bon début d'année à tous!
 

1) On parle beaucoup d’entrepreneuriat en ce moment, qu’est-ce qui fait que l’entrepreneuriat est aussi populaire auprès des jeunes ?

Le monde est en train de changer, et vite en plus. On passe notamment d’un monde de l’emploi, sécurisé avec des revenus stables, à un monde du travail, plus incertain et qui reste à définir. Alors que les entreprises représentaient autrefois une certitude, une stabilité, les jeunes les ressentent maintenant comme une contrainte. Les emplois sont de plus en plus précaires, les formations de plus en plus déconnectées de la réalité, et les jeunes ont souvent l’impression qu’on les oriente trop vite alors qu’ils ne savent pas ce qu’ils veulent vraiment faire. En s’engageant dans le salariat, nombreux vont alors être malheureux à un âge où l’on apprend à travailler.

Je pense, comme Boris Cyrulnik (un psychiatre et penseur français), que l’entrepreneuriat peut aider les gens à prendre leur voie, à développer un pouvoir de rêve. Il faut se réveiller ensuite bien sûr, car le rêve mène au réveil. Mais l’entrepreneuriat peut permettre aux jeunes de se définir une direction de vie et de vivre une expérience forte où ils vont tester leurs limites.

2) Faut-il des qualités particulières pour se lancer dans l’entrepreneuriat ?

Parmi tous les entrepreneurs que j’ai rencontrés, je n’ai pas vu de profil particulier qui réussisse plus que les autres. Je peux cependant affirmer que les personnes qui ont le moins à perdre (les jeunes ou les moins diplômés) se lancent plus facilement en affaires que les autres.

À l’encontre de beaucoup d’idées reçues, je ne crois pas que l’on naisse entrepreneur mais qu’on le devient. Et certains le deviennent très tôt. Le passage à l’action est plus, je crois, une question de « sensibilité à la perte », c’est-à-dire ce qu’on croit avoir à perdre si on échoue dans le projet qu’on lance.

Néanmoins, une qualité devient fondamentale quand est en affaires : c’est la persévérance. À ne pas confondre avec l’entêtement qui mène bien souvent à la catastrophe. La persévérance est ce qui nous fera trouver des solutions innovantes et ingénieuses quand tout ira mal et qu’on pourrait penser que le projet a échoué. C’est garder cette confiance en quelque chose de plus grand qui nous fait nous lever tous les matins.

3) Quand on s’intéresse à l’entrepreneuriat, on tombe rapidement sur les notions de plan d’affaires et de modèles d’affaires. Est-il fondamental de maîtriser ces aspects techniques pour se lancer ?

On a toujours besoin d’un plan d’affaires pour communiquer son idée auprès des institutions financières, voire de ses partenaires et fournisseurs. Mais celui-ci tend maintenant à se réduire à un sommaire exécutif de quelques pages. Pas de stress donc sur son élaboration, son écriture deviendra naturelle le moment venu lorsque vous saurez ce dont vous avez besoin et ce que vous voulez obtenir.

Le plus important quand on se lance en affaires est de savoir quelle est la solution que l’on apporte à ses clients et comment la monétiser, c’est-à-dire gagner de l’argent (on échange des biens ou services contre de la valeur monétaire). C’est ce qu’on appelle le « modèle d’affaires ». Savoir si on vend sa solution sous forme d’abonnement ou à chaque prestation va avoir une influence capitale dans l’organisation de la future structure et les collaborateurs que nous allons recruter.

Souvent, ça prend un certain temps à un jeune entrepreneur pour trouver ses premiers clients et la façon dont il va leur livrer sa solution / son idée. Pour cela, il est important de sortir de chez soi et d’arrêter d’écrire son plan d’affaires pour aller à la rencontre de ses clients afin d’établir une relation de confiance avec eux. C’est la partie qui peut sembler difficile mais qui, en définitive, est la plus excitante et la plus gratifiante. Lorsqu’on comprend ce qu’on apporte au monde, la joie devient intense et plus rien ne peut vraiment arrêter l’entrepreneur d’aller encore plus loin.

Je recommande fortement de se faire accompagner dans cette démarche afin d’être plus efficace et augmenter les chances de survie de son projet.

4) Qu’est-ce que ça prend comme énergie pour se lancer en affaires ?

Pour être honnête, il ne faut pas s’attendre à un parcours tranquille quand on démarre un projet d’entreprise. Néanmoins, tous les entrepreneurs le disent, ils ne changeraient leur décision de se lancer en affaires pour rien au monde tant ils ont appris de leur expérience.

Il existe 3 déclencheurs principaux au lancement d’une entreprise. Ces déclencheurs agissent comme des catalyseurs qui poussent les entrepreneurs à se lever le matin pour changer le monde.

On peut les synthétiser de la façon suivante :

  • la réponse à un besoin évident et encore non traité. Par exemple : Dyson et son aspirateur sans sac qui ne perd pas de puissance d’aspiration à l’usage. Cela génère généralement des entreprises de type « classique » avec le développement d’un produit ou d’un service que l’on vend. C’est ce type d’entreprises qui est généralement étudiée à l’université ou dans les écoles d’entrepreneuriat ;
  • une démangeaison, un « gratouillis » lié à une injustice ou à une situation que l’on juge insupportable. Par exemple : Linus Torvalds, inventeur de Linux au début des années 90 en remplacement du système d’exploitation Windows de Microsoft qui ne fonctionnait pas comme il le désirait. Souvent ce déclencheur pousse à des créations d’entreprises de type social ou à des modèles d’affaires de type collaboratif ; 
  • une obsession, une passion qui pousse à vouloir toujours améliorer le processus et/ou innover dans le même domaine. Par exemple : Steve Jobs, cofondateur d’Apple, était un obsédé de la connexion et voulait absolument faire parler les ordinateurs entre eux. Ces entrepreneurs créent souvent des entreprises extrêmement innovantes, technologiques ou artistiques.

5) Est-ce que l’entrepreneuriat, ça s’apprend ?

J’aime à dire que l’entrepreneuriat peut être enseigné mais qu’il ne sert à rien de l’apprendre. Quand on parle des cas passés de lancement d’entreprise, ils ne sont plus valides car le monde a changé entre-temps. L’entrepreneuriat est une pratique insaisissable qu’il faut vivre pour intégrer les mécanismes, les réflexes et les outils nécessaires à la survie du projet. Il n’est pas rare d’échouer plusieurs fois avant de réussir. Entreprendre, c’est donc changer son rapport à l’échec et accepter de fonctionner par essais et erreurs. 

Cela va à l’encontre de ce que l’on peut apprendre à l’école, et je recommande vivement de faire partie d’une « communauté de pratique » afin de bénéficier du regard bienveillant de mentors et de personnes expérimentées. C’est la raison pour laquelle j’ai cofondé Dynamiques convergentes, un OBNL qui vise à développer la créativité et les compétences entrepreneuriales grâce à des ateliers, des formations pratiques et du coaching individualisé en groupe.

Pour connaître les dates de ces activités, qui sont organisées sur une base régulière, il suffit de suivre la page Facebook de Dynamiques convergentes. Il y aura prochainement une séance de créativité, et une série d’ateliers d’idéation.

 

Diplômé d’une Maîtrise en finances et entrepreneuriat, Patrice Chessé est un entrepreneur passionné. Il a également passé plus de 15 ans au contact de créateurs d’entreprises, à les accompagner et les aider à trouver les ressources nécessaires au démarrage ou à la croissance de leur projet.

Entre levées de fonds, rédaction de plans d’affaires et accompagnement stratégique d’entreprises à forte croissance, Patrice Chessé développe une vision de l’entrepreneuriat novatrice et motivante. Il sait révéler le leadership et la créativité chez les entrepreneurs qu’il accompagne.