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5 questions au sujet du Laboratoire Culture Inclusive

Ce mois-ci, Nadia Duguay d'Exeko nous informe sur un projet bien inspirant, le  Laboratoire Culture Inclusive, et nous partage de bonnes pratiques d'inclusion.



1) Parlez-nous du Laboratoire Culture Inclusive, en quoi consiste-t-il ? 

Le Laboratoire Culture Inclusive est l'un des 3 laboratoires chapeautés par le Lab d'innovation social d'Exeko qui questionne les facteurs limitant d’accessibilité aux savoirs et à la culture sur un mode de recherche partenarial et inclusif. En collaboration avec le Groupe des onze (11 des grandes institutions culturelles de Montréal), le laboratoire culture inclusive souhaite tout particulièrement favoriser l'accessibilité au milieu institutionnel de la culture par l'identification et la diffusion de meilleures pratiques inclusives.

2) Quelles seront les grandes étapes du projet ? 

Mise en place pour trois ans, trois volets majeurs vont alimenter la recherche et permettre l'identification vers la diffusion de meilleures pratiques d'inclusion dans ces milieux : en analysant les politiques culturelles et institutionnelles en vigueur, en utilisant le théâtre invisible pour identifier des scènes d'égalité ou d'inégalités dans le milieu culturel, en travaillant de pair avec des citoyens et citoyennes à expérience vécue, en situation de ou à risque d'exclusion comme co-chercheurs et co-chercheuses.

3) En quoi ce modèle de recherche est-il innovant ?

D'abord, pour la multiplicité et la diversité des partenaires rassemblé.e.s autour de la table soient 11 institutions culturelles, 11 organismes communautaires et leurs participant.e.s et les équipes d'Exeko entre artistes, médiatieur.e.s et chercheurs / chercheuses. Ensuite, parce qu'elle se veut inclusive en invitant comme co-chercheurs et co-chercheuses les personnes les plus directement touchées par cette marginalisation. Enfin, par l'essence même de ce que le laboratoire d'Exeko œuvre à la compréhension des dynamiques d’exclusion à l’œuvre au sein du milieu, à l’expérimentation de pratiques participatives y répondant et à la diffusion de ces dernières.

4) Quels sont les résultats attendus dans 3 ans ?

Nous visons d'abord une meilleure compréhension des enjeux d'exclusion au sein des institutions et des pratiques pouvant être bonifiées, mises en place et/ou répliquées, puis a terme, la co-rédaction d'une charte d’accessibilité culturelle avec les partenaires du projet.

5) Avez-vous des exemples à partager de bonnes pratiques d’inclusion réalisées ici ou ailleurs ? 

Bien-sûr ! Les petites actions inspirantes en marche vers un changement de posture se multiplient comme par exemple (et ici en vrac) les traductions simultanées lors de conférences, les toilettes non-genrées, l'accessibilité physique au lieu (pour les aîné.e.es, personne en situation de handicap par exemple), les garderies pendant les événements, la valorisation des expériences vécues versus la stigmatisation, la valorisation de la diversité, la parité... Même si nous avons encore du chemin à faire il est encourageant de voir ces bonnes pratiques émergées toujours plus de partout.

 Crédit photo : Mikael Theimer lors de l'Atelier écriture MBAM

 

BIOGRAPHIE

Entrepreneure sociale et Ashoka fellow, Nadia Duguay a cofondé en 2006 l’organisation Exeko qu’elle codirige aujourd’hui et dont la mission est « l’inclusion sociale par l’innovation en culture et en éducation». Elle y a créé plus de 275 projets et s’attèle à définir une approche basée sur l’hybridation des pratiques de la médiation culturelle et intellectuelle comme moteur de transformation sociale. Nadia crée ainsi une série de stratégies d’approches créatives et respectueuses du principe de la présomption de l’égalité des intelligences à l’intention des personnes les plus marginalisées ou à risque de l’être au Canada (milieu carcéral, itinérance, déficience intellectuelle et jeunes a risque autochtones). Elle est également membre du Groupe de recherche en médiation culturelle, membre du Réseau québécois en innovation sociale (RQIS), membre du comité de recherche en médiation intellectuelle (CRMI) chez Exeko et siège sur le Comité Exécutif de la Commission Canadienne de l’UNESCO.

 

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redi 3 février prochain, le Conseil des arts de Montréal, en collaboration avec Exeko et le British Council, organise une table-ronde sous le thème Montréal - vitalité culturelle et communautés artistiques inclusives. (COMPLET!)

http://www.artsmontreal.org/fr/nouvelles/2017-01-20/inclusion