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Artiste du mois de Juillet 2012
Karine Fournier

Article réalisé par Kalibre

 

 

Son parcours

 

Après avoir étudié la littérature française au Cégep Montmorency et fait un DEC en Arts et Lettres au Cégep Saint-Laurent, la vie de Karine bifurque. « À 20 ans, ma vie était un désastre et je suis partie en « exil » en Écosse. J'y suis restée 4 mois et j'ai commencé à faire du dessin. On dirait que les mots n'étaient plus importants, ne me parlaient plus... ce sont les images qui sont devenues marquantes dans ma vie », dit celle qui a notamment publié plusieurs fanzines de poésie au début des années 2000. Cette nouvelle passion la guidera vers un Bac en arts visuels à l'UQÀM, qu'elle terminera en 2005. À sa sortie, elle se lance dans la confection de peluches, attirée par l'artisanat et le textile, et le fait de fabriquer des objets d'art et de les vendre. « Ces objets s'adressaient à un public adulte nostalgique de son enfance », explique l'artiste textile de 32 ans.

 

Cette passion pour le textile lui vient de sa rencontre avec les fondatrices de l'ancienne Arterie, sur l'avenue Bernard. « Elles ont fondé un « knitting cercle » : une fois par mois on se réunissait pour tricoter, et c'est là que j'ai appris le tricot. Moi, je n'étais pas très douée et je faisais des trous dans mon tricot, et je trouvais ça beau ». Elles créent un livre à base de fibres et de tissu, Fabrication, où Karine, sur sa page, invite les gens à toucher et agrandir ces trous pour voir le dessin qui se cache dessous.

 

En 2006, ce qui devait être une exposition temporaire en haut de chez Paul's Boutique sur Mont-Royal la mène à fonder, avec Éric Braun et Mimi Traillette le très underground 106U, toujours en fonction sur la rue Roy. Tout en continuant à promener ses toiles et ses expérimentations textiles dans plusieurs expositions solo et collectives, elle s'envole pour une résidence d'artiste en Estonie, en 2009, au Polli Talu Arts Center, une ancienne ferme transformée en centre d'artistes par Marika Blossfeldt., chorégraphe et artiste multidisciplinaire. « Là-bas, j'ai investi une ancienne étable rénovée avec mes sculptures textiles, qui pendaient du plafond (Kolmteist imelikku looma (13 animaux étranges)). Pour moi, l'Estonie était un monde imaginaire où vivaient des créatures magiques, et je me suis laissée aller à cette magie dans mes installations. »

 

En revenant, l'envie d'investir des lieux avec des installations textiles est plus forte que jamais et Karine se lance dans l'art public in situ, en accrochant ça et là à travers Montréal des bouts d'œuvres - peluches et autres créations textiles - dans des rues ou ruelles, dans des cabines téléphoniques, sur le campus ou dans le ghetto McGill. « J'installais des morceaux, je prenais une photo, et voilà ! C'est ce que j'aime aussi dans l'art in situ : c'est éphémère, tu ne sais jamais ce qui va arriver avec ton œuvre, il faut que tu acceptes que les gens se l'approprient ».

 

Puis vient la découverte du graffiti-tricot (yarnbombing) - s'approprier l'espace public, non pas en le détruisant mais en l'embellissant, en se servant du tricot comme médium artistique -. Elle commence à semer ses pièces de tricot dans la ville (sur les lampadaires, parcomètres, arbres, etc.), sous son pseudonyme, Tricot pirate. « Je faisais des installations dans la rue et les mettait sur mon blog depuis un an quand une jeune étudiante de Concordia m'a contactée pour qu'on démarre quelque chose en gang ». Les astres semblent alignés, car Karine trouve quatre des membres de ce qui allait devenir les Ville-Laines en un temps éclair : d'abord Mimi Traillette et Anne Buisson (Dinette), puis Marilène (Pixie Knit), rencontrée au hasard d'une retraite avec le Concordia Multi-faith Chaplaincy, où reconnaît la trace de « Tricot pirate » laissée par Karine sur des arbres environnants. En juin 2011, lors du International Yarn Bombing Day, Claudia Léger (Miss Rivière), fait ses premières armes au sein du groupe, alors que les Ville-Laines recouvrent des casseroles de laine comme clin d'œil au conflit étudiant.

Elle devient la 5e membre officielle des Ville-Laines en novembre 2011, où elles habillent le Square Viger de laine, demeure de nombreux itinérants, en y tricotant l'inscription Home Sweet Home.

 

Ses projets actuels

 

Depuis, tout a déboulé pour Karine et les Ville-Laines, qui ont pris d'assaut la ville, défrayant régulièrement les manchettes avec leur forme de street art dont la philosophie est de laisser sa trace en tant qu'artiste en se réappropriant l'espace public. Selon leur manifeste, « les Ville-Laines utilisent la puissance de l'imagerie féminine et la douceur du tricot pour attirer l'attention sur des enjeux sociaux », notamment l'itinérance, le logement à Montréal, la société de consommation. Elles donnent également des ateliers de graffiti-tricot et participeront à plusieurs événements au cours des prochains mois, dont :

 

  • Deux ateliers de tricot en juillet dans une ruelle verte près du métro Guy
  • L'événement Parcs Vivants, le 5 août
  • Le festival de la fibre TWIST du 24 au 26 août, où elles recouvriront les piliers d'un immeuble dans le village à Saint-André-Avellin en Outaouais
  • Du 19 au 26 octobre, le festival PHENOMENA, pour faire du tricot-graffiti en lien avec l'esthétique steampunk du festival
  • Une exposition au Centre des Textiles Contemporains de Montréal: 27 mars au 27 avril 2013, vernissage le 3 avril à 17h
  • ... et le projet Échangeur Tricot : recouvrir un pilier du controversé Échangeur Turcot à l'automne, où elles auront besoin de carrés de laine tricotés par le public. Appel à tous !

 

Suivez le fil d'inspiration des Ville-Laines sur ville-laines.blogspot.ca

 

La multi-créative Karine continue de son côté à fabriquer des peluches, à donner des cours d'art et de graffiti-tricot avec les Villes-Laines ainsi qu'un atelier de bricolage aux enfants du centre communautaire de son quartier, exposera ses toiles (car elle peint aussi !) au Cagibi du 4 juin au 31 juillet et une résidence d'artiste au CHSLD Providence Notre-Dame-de-Lourdes avec C2S Arts et Événements de septembre 2012 à avril 2013

 

http://karinefournier.com/

Voir la fiche de Karine sur Artère 

 

Crédit photo: Karine Fournier

 

 

Kalibre a pour mission de promouvoir et de diffuser les créateurs émergents des quatre coins du Québec, via un webzine dédié aux adeptes d'art et de culture et des outils de promotion créés sur mesure pour les artistes de la relève et les entreprises du milieu des arts et de la culture.