Artiste du mois d'Octobre 2011
Philippe Cool

Article réalisé par Kalibre

 

On a pu voir ses sculptures-machines à la fois brutes et futuristes, interactives et un peu folles pour la première fois au Eastern Bloc l'hiver dernier et tout récemment sur les Quais du Vieux-Port aux Escales Improbables. Des chevaux qui cessent leur accouplement, honteux dès qu'on s'en approche, grâce à un capteur de mouvement (Horses/Shame), un personnage de bois qu'on active à l'aide d'une corde pour le faire pelleter à notre place (Powertrip), une machine qui pose des questions simples auxquelles le spectateur peut répondre par oui ou par non (Behavior Machine), les créations délirantes de Cool intriguent et questionnent.

 

Rencontre avec un artiste bidouilleur et récupérateur difficile à mettre dans une petite case, qui n'a que faire des chemins tracés tout droits et des qu'en dira-t-on.

 

 

Parcours

 

« J'ai toujours dessiné, depuis l'âge de 12 ans », nous explique ce créateur de 32 ans, dans son accent traînant de Petit-Rocher, au Nouveau-Brunswick. Au départ, il souhaitait devenir architecte paysagiste et a complété un DEC en horticulture à Ottawa et fait ses premières armes dans le domaine?puis, la rencontre avec l'art : « j'ai commencé à explorer les couleurs, aux pastels secs et je me suis beaucoup demandé : est-ce que je mets mes tableaux de l'avant ? Est-ce que je fais quelque chose pour moi ou pour les autres ? », explique-t-il. Il se tourne alors vers l'illustration et crée, pendant un an, ses premiers grands formats, tout en s'inscrivant au baccalauréat en arts visuels à Moncton. Au bout d'un an, nouvellement passionné de peinture, il décide de mettre le cap vers la grande ville et applique à l'UQÀM « mais mon portfolio, à l'époque, était vraiment boboche et je n'ai pas été accepté ». De 2001 à 2007, il se consacre à la peinture, d'abord à l'acrylique, puis à l'huile et réalise à plusieurs expositions solos et collectives.

 

En 2007, il s'inscrit au programme Studio Arts de Concordia. « C'est un programme d'études libres, qui permet de toucher à tout au lieu d'aller dans une concentration. Ça m'a permis de découvrir la sculpture, jouer avec l'électronique, la programmation, la 3D, d'allier le bois et l'électronique ». Cette approche ancrée dans les arts multidisciplinaires lui fera créer une série d'œuvres interactives qu'il qualifie de post-steampunk ou de néo-steampunk. Une vision un peu post-apocalyptique « où les machines ont réussi à survivre parce qu'on a plus besoin d'elles qu'elles ont besoin de nous » et où le spectateur peut interagir avec la pièce, via différents stratagèmes.

 

 

Inspirations

 

« Je puise beaucoup dans mes discussions avec des amis, leur perception de l'art, pour m'inspirer. Je préfère discuter, argumenter, voir comment les autres s'y prennent, plutôt que de prendre un livre ou un magazine.

 

L'artiste hollandais Theo Jansen (www.strandbeest.com) y est aussi pour quelque chose : « j'ai vu qu'il y avait du potentiel pour faire de super belles œuvres mécaniques, en restant très près de la base, même dans le design ». Bien que la fonction de l'objet demeure vitale pour lui, il s'efforce néanmoins de pousser le design, d'aller vers l'esthétique. Il nourrit une passion pour la science-fiction tirée des films des années '90 «tu sais, les films à la Will Smith avec des espèces de bidules fous, où les mécanismes sont mis de l'avant?! Pas des petits morceaux bien polis, plus du brut».

 

Ses œuvres, composées de matériaux recyclés, d'objets et d'éléments électroniques récupérés, critiquent de manière ironique notre société, nos comportements et modes de consommation et la procréation, parfois mécanique. De voir ses machines à l'œuvre, adoptant des comportements humains comme la honte, ou la paresse, nous amène à nous interroger sur les relations sociales et notre mode de vie actuel.

 

 

Au présent

 

Pour l'instant, il se concentre sur ses études, qu'il complètera au printemps 2012. Vous êtes curieux de voir son travail ? En voici un aperçu: http://www.escalesimprobables.com/2011/french/philippe-cool

Mais les voir s'activer en vrai, c'est encore mieux ! Gardez l'œil ouvert pour ne pas manquer la prochaine vague Cool..

 

Voyez la fiche de Philippe sur Artère .

 

(Photo par Sebastien Filcich)

 

Kalibre a pour mission de promouvoir et de diffuser les créateurs émergents des quatre coins du Québec, via un webzine dédié aux adeptes d'art et de culture et des outils de promotion créés sur mesure pour les artistes de la relève et les entreprises du milieu des arts et de la culture.