Retour à la liste

Vernissage Françoise Sullivan et Michel Campeau

Vernissage des exposition de Françoise Sullivan et Michel Campeau 

Françoise Sullivan, Mythe intemporel - Timeless Myth

C’est toujours un plaisir et un honneur pour la Galerie Simon Blais de présenter cette géante de l’art contemporain canadien qu’est Françoise Sullivan. Cette exposition revêt un caractère particulier pour cette mère de quatre enfants qui a toujours associé l’art à la vie. Au mois d’août dernier, alors que Françoise Sullivan est en pleine production en prévision de cette exposition à la galerie, son fils Jean-Christophe meurt des suites d’une brève maladie.

Le choc de cette disparition est brutal. Il s’ensuit un changement radical dans le traitement de la surface des tableaux. C’est un retour à une gestuelle plus marquée. La palette, quant à elle, s’assombrit, tout en gardant quelques éclaircies lumineuses. Il ne s’agit pas d’une rupture puisque l’esprit des Cartésiens (2016) et des Damiers (2018) demeure. Cette manière de faire s’avère exigeante. Sullivan en parlera en ces termes : « Faire ces tableaux est compliqué. Chaque nouvelle forme devient un problème plastique à régler! »[1]

Françoise Sullivan tient toujours à montrer ses œuvres les plus récentes. C’est une qualité propre aux grands artistes qui explorent et veulent nous faire part de leurs découvertes. Ces œuvres récentes seront accompagnées de tableaux plus anciens qui viendront en ponctuer la lecture, donner une perspective historique, intemporelle.

C’est la triste rançon d’une longévité exceptionnelle, que de perdre en cours de route ceux que l'on aime. Françoise Sullivan a souligné sous forme de tableaux les artistes qu'elle a connus et qui se sont éteints au fil des ans. C'est ainsi qu'est née, en 2003, la série des Hommages, relancée en 2018 lors d'une exposition à la Fondation Guido Molinari. Au moment d'écrire ces lignes, le nombre final de tableaux demeure inconnu puisque l'artiste y travaillera jusqu'à la toute dernière minute, mais on peut s'attendre à voir une dizaine d'œuvres comprenant des Hommages récents.

Cette exposition se veut un hommage à Jean-Christophe.

Aux côtés de Paul-Émile Borduas, Françoise Sullivan a fait partie des membres fondateurs de l’automatisme, mouvement avant-gardiste dont elle signa en 1948 le Refus global, manifeste auquel fut annexé le texte intégral de sa célèbre conférence, La danse et l’espoir. Ses œuvres ont fait l’objet d’innombrables expositions individuelles et collectives, notamment au Musée d’art contemporain de Montréal, en 1981 et en 2018, au Musée national des beaux-arts du Québec, en 1993, et au Musée des beaux-arts de Montréal, en 2003.

Michel Campeau, Capital Camera Exchange Inc. 

L’exposition Capital Camera Exchange Inc. présente une dizaine de photographies tirées du corpus éponyme ainsi qu’une demi-douzaine de tirages argentiques de la série Week-end au « Paradis terrestre » !. Les photographies de la série Capital Camera Exchange Inc., « trouvées » par Michel Campeau, forment un éloge encyclopédique exposant les interactions et les contorsions des corps qui découlent des instantanés captés par l’amateur anonyme. Elles sont rassemblées ici dans une collection qui dépeint les rituels, qu’hier encore, la génération de nos parents orientait vers des temps forts du vivre ensemble. Cette collection sérielle prolonge la cohérence autobiographique et documentaire des travaux antérieurs de Campeau, tout particulièrement les œuvres du corpus Week-end au « Paradis terrestre » !, dont on les croirait extraites.

De plus, un livre accordéon (un Leporello) sera déployé sur une longue table au centre de la salle d’exposition. Les images de ce livre sont des fragments numériques de cartes postales de la collection que l’artiste a patiemment colligée au cours des dernières années. Encore une fois, la posture photographique est au centre de cette nouvelle œuvre.

Michel Campeau vit et travaille à Montréal. Ses œuvres sont présentes dans les plus importantes collections mondiales de photographie contemporaine. En 2013, le Musée des beaux-arts de Montréal et le Musée des beaux-arts du Canada lui ont consacré l’un et l’autre une exposition solo. En 2015, des œuvres de Campeau ont également figuré dans l’exposition Qu’est-ce que la photographie ?, tenue au Centre Pompidou à Paris. En 2018, le Musée McCord organisait à son tour une importante exposition sous le titre de Michel Campeau – Avant le numérique

Retour à la liste